– Fiche technique –

Superficie plantée : 8,5 hectares
Densité de plantation : 6 600 pieds/hectare
Age moyen des vignes : 35 ans
Encépagement : 90% Merlot – 10% Cabernet Franc
Type de sols : Sable & Argile
Rendement : 30 hl/ha

Pratiques culturales :

  • Lutte raisonnée
  • Travail vigne exclusivement manuel
  • Désherbage mécanique

Taille : Double Cordon et double Guyot
Vendanges : 100% manuelles
Dates de vendanges : 6 au 10 octobre 2015

Type de cuves : Inox thermo régulée, de 30hl à 127hl – Travail en gravité
Durée de cuvaison : 30 à 35 jours
Méthodes de vinification : Macération et fermentation douces et lentes par remontage Malo lactique en barrique
Elevage en barrique : 100% barriques neuves Radoux Blend
Durée Elevage : 21 mois
Production : 20 800 bouteilles
Date de mise en bouteilles : 20 novembre 2017
Degré : % vol. Alc 14,5

Conseil en vigne et vin Louis Mitjavile

PDF Millésime 2015

Mai Dantsig
Alerte (1971)

Une salle de loisirs vide dans un avant-poste frontalier en Biélorussie. Une télévision allumée, une partie d’échecs abandonnée et une lettre inachevée… L’air est rempli d’un silence angoissant. Le tout est dominé par les “ yeux ” de fenêtres bleu foncé, à travers lesquelles une lumière froide pénètre dans l’intérieur chaleureux.

Les oeuvres de Maï Dantsig (1930-2017), Artiste du peuple de Biélorussie, professeur, participant à de nombreuses expositions en URSS et à l’étranger, font partie des collections de la Galerie nationale Tretiakov et du Musée national d’art de la République de Biélorussie, ainsi que des collections privées en Russie, en Belgique, en Allemagne, en Israël et aux États-Unis.

D’une certaine manière, les natures mortes de genre de Dantsig s’apparentent à des romans, l’artiste restant invariablement fidèle à lui-même et cherchant, avant tout, d’être un publiciste d’art motivé par le contenu, l’idée et le sens.

Dantsig a peint son “ Alerte ” (en russe, le mot signifie le commandement militaire pour une préparation totale au combat) dans la région de Grodno, à l’un des avant-postes frontaliers qui seront plus tard nommés d’après les commandants militaires de la Seconde Guerre mondiale. En juin 1941, ces avant-postes condamnés reçurent le premier coup des troupes fascistes, combattant à mort.

Victor Popkov
Reflet dans la fenêtre. Autoportrait (1963)

Un jeune homme à la fenêtre entrouverte. Les orbites noires des yeux sur son visage rond ; un oiseau dans sa cage ; le carreau de la fenêtre et, complètement à l’écart, sur le fond d’un battant ouvert vers la neige bleuâtre – un support à crayons. Un autoportrait de l’artiste Victor Popkov (1932-1974). Il a un peu plus de trente ans, son œuvre “ Les Bâtisseurs de Bratsk ” a déjà été acquise par la Galerie nationale Tretiakov, il est membre du Comité du Prix Lénine et du Prix d’État de l’URSS, participant à la 31e Biennale de Venise et à des expositions au Japon et en Yougoslavie. Il est talentueux et recherché, mais il n’y a pas une seule trace de reflet de la vie d’un artiste soviétique à succès dans ce “ Reflet dans la fenêtre ”.

L’art de Popkov est complexe, profond et intense. Il s’intéresse à la vie humaine, ses significations morales les plus profondes, sa fragilité et sa solitude. Il n’y a pas de solutions modèles dans son art guidé par l’émotion ; ses personnages sont toujours en phase avec le monde et la société. Jamais inclus dans les catalogues officiels de l’artiste, cet autoportrait date de 1963. Encore onze années prolifiques et dynamiques sont devant Popkov, avec des portraits d’artistes et d’amoureux, des paysages et des croquis de genre, le célèbre cycle de Mezen et “ Le Manteau du père ”. Il sera tué en 1974, à l’âge de 42 ans – absurdement, tragiquement. Mais dans ses œuvres d’une maîtrise et d’une sincérité exceptionnelles, il nous laissera une incroyable chronique artistique des années entre le Dégel et la Stagnation, écrite à travers de ses espoirs et réflexions philosophiques.

Alexandre Guerassimov
Nature morte aux pivoines (1931)

Le peintre Alexandre Guerassimov (1881-1963) était l’un des artistes soviétiques les plus célèbres et les plus réussis du milieu du XXe siècle. Il était populaire parmi les gens ordinaires et les fonctionnaires de l’État. Guerassimov était considéré comme l’artiste préféré de Staline et le fondateur du “ réalisme héroïque ”. Il est le peintre derrière quelques portraits les plus célèbres de Lénine et d’autres révolutionnaires russes dans le style romantique et héroïque, quatre fois lauréat du Prix Staline et de nombreux autres titres et récompenses.

Bien qu’il se considère comme un portraitiste, Guerassimov est tout aussi doué pour les paysages et les natures mortes, se révélant comme un grand maître de la couleur et un poète de la nature. Peut-être que ces genres étaient pour l’artiste de pures poches d’inspiration, libres de toute contrainte politique et idéologique. Aujourd’hui, les natures mortes florales de Guerassimov font partie de nombreuses collections muséales. “ J’ai toujours aimé peindre des fleurs – des roses et des pivoines, car j’y ai vu la concentration ultime des forces vitales de la nature et de son charme… Les natures mortes “ éclaircissent ” le regard du peintre. Peindre des fleurs, c’est comme se reposer après une route fatigante avec des bosses et des nids-de-poule “, disait l’artiste.

Kouzma Petrov-Vodkin
La Mère de Dieu (1912)

Il pourrait devenir cordonnier – continuateur de l’entreprise familiale, ou cheminot – son rêve d’enfance. Mais il était prédestiné à autre chose. Peinture et graphisme, conception théâtrale et arts décoratifs, scénographie, pédagogie – l’éventail des intérêts créatifs de Kouzma Petrov-Vodkin (1878-1939) était étonnamment vaste et multiforme.

Tout au long de sa vie créatrice, l’artiste se tournait vers les représentations de la Mère de Dieu. Des exemples sont l’abside de l’église de l’Institut orthopédique dans le Jardin Alexandre, les peintures murales des cathédrales de Cronstadt et de Soumy et, enfin, l’œuvre sur chevalet “ La Mère de Dieu de la tendresse vers les mauvais cœurs ”, achevée en 1915.

La Mère de Dieu ” est la réponse de l’artiste aux événements tragiques de la Première Guerre mondiale. Le regard doux, serein et sage de la Mère de Dieu semble pénétrer l’âme même du spectateur. C’est l’une des images les plus sincères et les plus sublimes créées par cet artiste remarquable, ainsi qu’un exemple unique d’interprétation des canons iconographiques en peinture de chevalet.

Constantin Korovine
Le Bal masqué à Paris

Constantin Korovine (1861-1939) n’était pas seulement un impressionniste russe de tout premier plan. C’était un artiste qui est toujours resté fidèle à son style, sa vision et sa compréhension de la couleur, malgré les critiques et les reproches des académiciens d’art conservateurs. Il a commencé à peindre dans son propre style frais, lumineux, audacieux et singulier bien avant son premier voyage à Paris et sa connaissance des impressionnistes français. “ Les impressionnistes… En eux, j’ai trouvé tout ce que m’a été reproché chez moi, à Moscou ”, dira plus tard Korovine.

Korovine a peint des portraits et des paysages, des natures mortes et des peintures de genre ; la toundra et la Crimée, le Norvège et l’Espagne. Le seul sujet qu’il semblait éviter était la ville. Avant qu’il ne découvre Paris. “ Dans aucune autre ville … l’artiste n’a sous les yeux cette lutte perpétuelle de la lumière artificielle avec le ciel, ces subtils et étonnamment beaux tons jaunâtres et bleuâtres observés ici ”, dira l’artiste.

Ses représentations de Paris pourraient facilement rivaliser avec celles de ses pairs français. Il a su tout véhiculer : la nuit, les boulevards, les publicités lumineuses, la circulation dans la rue, conférant à ses œuvres les vibrations vives de la Ville lumière. Korovine tombe amoureux de Paris et y déménagera pour de bon en 1922, quelques années après la Révolution russe. Pour autant, il ne s’assimilera jamais complètement à cette mégapole – il aimera Paris avec l’amour d’un visiteur et languira après sa patrie, où il ne pourra plus revenir, jusqu’à son dernier souffle.

Alexandre Laktionov
La Lettre du front (1951)

A l’Exposition d’art de l’URSS de 1946, la première version de ce tableau par Alexandre Laktionov (1910-1962) fut, sans exagération, un succès retentissant. Les foules se sont rassemblées devant la toile, obstruant souvent le passage. Certains ont juste regardé, d’autres n’ont pas pu retenir leurs larmes. Une guerre terrible avait pris fin l’année précédente, laissant de profondes traces sur le peuple russe. Les souvenirs des lettres en forme de triangle tant attendues des soldats de première ligne, lus et chéris avec soin, étaient encore frais.

Première œuvre postuniversitaire de Laktionov, la peinture s’inspire d’une scène à laquelle l’artiste a été personnellement témoin : un soldat revenant du front a remis une précieuse lettre en forme de triangle de son être cher à une femme dont le visage s’est éclairé aux nouvelles. Pour sa peinture, Laktionov a choisi ses connaissances et proches comme modèles : le soldat – “ postier ” était son voisin qui avait combattu au front ; la femme avec l’enveloppe – la sœur de la mère de l’artiste, Evdokiïa; les enfants – son fils Serioja et sa fille Svetlana. Le personnage le plus lumineux du tableau est la fille au bandage rouge – la voisine des Laktionov. Rempli de soleil et de chaleur, le tableau tâche de démontrer au spectateur qu’il y a une place pour le bonheur même dans les moments les plus difficiles.

La Lettre du front ” a été universellement acclamée – l’artiste a été comblé d’éloges collectifs et individuels, d’appels et télégrammes de félicitations de ses amis, proches, connaissances, ainsi que de parfaits inconnus. À la suite de l’exposition, Laktionov a reçu des commandes d’exemplaires multiples de sa “ Lettre du front ” de plusieurs musées d’URSS et d’autres pays. L’œuvre a été incluse dans les manuels scolaires, les calendriers et les magazines populaires. La reconnaissance nationale a culminé avec le Prix Staline décerné à Laktionov par le gouvernement soviétique.

Gueli Korjev
Le Marteau et la faucille (2003)

Gueli Korjev (1925-2012) était Artiste du peuple de l’URSS, académicien, lauréat de plusieurs Prix d’État, président de l’Union des artistes, professeur et enseignant. Aujourd’hui, ses peintures “ L’élévation du drapeau ”, “ L’International ” et “ Les Communistes ” sont perçues comme une représentation parfaite de l’art du réalisme soviétique.

Avec ses compositions apparemment taillées dans la pierre, ses personnages parfaitement sculptés, ses angles cinématiques et une palette de couleurs complexe, le style de Korjev est très original. L’artiste a réussi à atteindre une unité presque irréelle du contenu artistique, de la forme esthétique et du style de peinture. Maître incontestable, Korjev est une figure largement reconnue dans l’art soviétique.

La nature morte psychologique est un genre particulier dans l’art de Korzhev, vers lequel il s’est fréquemment et volontairement tourné, résolvant les défis de composition et de sémantique de la forme d’art pictural. Tout au long de l’existence de l’URSS, le marteau et la faucille symbolisaient, respectivement, la classe des ouvriers industriels et la paysannerie. L’iconographie précise en a été établie lors de la Révolution d’octobre 1917. Les années 1980 ont été une période charnière pour la Russie, lorsque le mouvement de renouvellement du pouvoir soviétique a conduit, au contraire, à son effondrement … “ Nature morte avec le marteau et la faucille ” est une tentative de Korzhev de revalider les symboles renversés de l’ère soviétique.

Alexeï and Sergueï Tkatchev
Un bon matin (1965)

Les frères Tkatchev sont un exemple rare de collaboration créative exceptionnelle. Sergueï (né en 1922) et Alekseï (né en 1925) étaient tous deux de brillantes personnalités créatives produisant de splendides œuvres collectives et individuelles. Les frères Tkatchev étaient Artistes du peuple de l’URSS, membres de l’Académie des arts de l’URSS et lauréats du prix d’État de l’URSS. Leurs œuvres font partie des collections de la Gallérie nationale Tretiakov et du Musée russe, et ont été exposées dans la Galerie d’art de la Smithsonian Institution à Washington et au Guggenheim Museum de New York.

Les frères sont nés dans un village près de Briansk. Alors que chacun suivait son propre chemin vers les arts picturaux, les deux se sont réunis pour des études déterminantes pour leur carrière au Collège d’art Sourikov à Moscou, sous la houlette du célèbre peintre soviétique Sergueï Guerassimov, qui a façonné toute une génération d’artistes russes remarquables des années soixante. (À son tour, Guerassimov a étudié sous Constantin Korovine, Abram Arkhipov et Valentin Serov – une histoire étonnante de continuité générationnelle dans l’art russe !).

Tout au long de leurs vies, les frères Tkatchev se tournent constamment vers les images de la campagne russe : “ Nos peintures racontent notre vie. Nos personnages ne sont pas des personnages imaginaires – derrière chaque œuvre se trouvent de vraies personnes, de vrais événements, des histoires racontées par nos aînés. Chaque peinture est un morceau de notre âme. ” Les toiles des frères Tkatchev illustrent le cycle perpétuel de la vie rurale et de ses protagonistes.

Une de ces œuvres est “ Un bon matin ” (1965, huile sur toile, 76×87,5 cm), qui dépeint des filles du village se promenant en charrette à deux roues par une belle matinée fraîche et ensoleillée.

Ilia Répine
Manifestation du 17 octobre 1905 (1906)

Évènement précurseur, la Révolution russe de 1905 est une “ répétition générale ” sans laquelle “ la victoire de la révolution d’octobre 1917 aurait été impossible ”. Le Manifeste de l’empereur Nicolas II “ Sur l’amélioration de l’ordre de l’État ” est la première Constitution russe de l’histoire. Les promesses de “ fondements inébranlables de la liberté civile ”, d’inviolabilité personnelle, de liberté de conscience et de parole ont été accueillies avec enthousiasme par les cercles libéraux en Russie. Ce tableau d’Ilia Répine (1844-1930), artiste, pédagogue et figure clé du réalisme russe, est un instantané de ce moment charnière de l’histoire russe.

Nous voyons des membres de la société progressiste de la Russie : des étudiants, des professeurs et des travailleurs. Pleins d’enthousiasme, ils portent des drapeaux rouges et chantent des chansons révolutionnaires … Ayant soulevé un prisonnier amnistié sur les épaules, cette foule de milliers de personnes traverse une grande place de la ville en extase de la jubilation générale. L’artiste a cherché à transmettre l’excitation et l’état d’esprit de la foule. Beaucoup de protagonistes de ce tableau sont des personnages historiques réels.

En 1911, l’œuvre a été exposée avec succès à l’Exposition internationale d’art de Rome. En raison d’une interdiction de censure, le public russe ne la découvrira qu’en 1912.

Piotr Ossovski
Église (2013)

Piotr Ossovski (1925-2015) est considéré comme l’un des fondateurs du “ style austère ” de l’art soviétique. Le départ des canons du réalisme socialiste officiel, la représentation de la vie sans fioriture, l’attention portée à l’être humain et la recherche de la plus haute vérité étaient tous assez nouveaux en URSS des années 1960.

Bien que profondément national, l’art d’Ossovski est accessible et compréhensible par tous. Tout au long de sa vie, l’artiste écrivait une seule histoire sincère – une histoire du peuple russe et de sa patrie. Il a été l’un des premiers de sa génération à se tourner vers la vie d’une ville de province russe et de ses habitants. Avec sa beauté immaculée et sa grandeur épique austère, sa nature magnifique et ses gens courageux, la région de Pskov, où Ossovski a vécu pendant plus de 40 ans, est devenue une source d’inspiration majeure.

Le thème de la foi orthodoxe est devenu important dans l’œuvre tardif d’Ossovski. “ Église ” est un tableau qui s’attarde sur le retour à l’orthodoxie après de nombreuses années d’oubli et de profanation ; sur l’acquisition du noyau spirituel qui a sous-tendu la foi de nombreuses générations de Russes. “ Levez simplement les yeux vers le ciel bleu de la patrie, et il se penchera vers vous avec l’amour de Dieu, car même dans les moments les plus déplorables, la route du temple n’a jamais été complètement envahie par la végétation et la prière de l’homme russe n’a jamais cessé.”

Fedot Sitchkov
Le Marché kolkhozien (1936-1937)

Fedot Sitchkov (1870-1958) est né dans un village mordovien à mille kilomètres de la capitale de l’Empire. Alors qu’il n’a terminé que trois ans d’école secondaire, il était un artiste doué dès son plus jeune âge, peignant des icônes et des portraits de ses camarades du village. Le sort de Sitchkov a été scellé par une rencontre fortuite, lorsque le général Ivan Arapov, propriétaire foncier local et fonctionnaire de l’administration de l’élevage de chevaux, a aperçu le jeune homme. Avec l’aide d’Arapov, Sychkov, 22 ans, entre à l’École de dessin de la Société pour l’encouragement des arts à Saint-Pétersbourg et, 3 ans plus tard, à l’École supérieure des arts de l’Académie des arts. A 30 ans, il reçoit le titre d’artiste.

Tout au long de sa vie créative remarquablement longue dans l’Empire russe et, plus tard, en Union soviétique, Fedot Sitchkov restera fidèle aux traditions du réalisme et au thème de la campagne russe. L’artiste était avant tout un brillant maître du portrait folklorique. Ses paysannes sont originales et belles. Presque toutes les œuvres de Sitchkov sont empreintes d’une une vision douce et bienveillante du monde, de la sincérité et de l’humanité.

En Russie soviétique, l’art de Sitchkov, rempli de joie manifeste de l’existence humaine, était tout à fait en phase avec les directives artistiques officielles exhortant à la création d’images de citoyens soviétiques pleines de joie de vivre. Néanmoins, les personnages de Sitchkov respirent toujours la sincérité et l’individualité. Indépendamment des réalités de l’époque et de la mode, l’artiste a invariablement dépeint ses modèles souriantes, vêtus de sarafans traditionnels russes, de foulards colorés et de perles. Fedot Sitchkov a travaillé avec ravissement et inspiration jusqu’à son dernier jour, créant des peintures pleines d’émotions rafraîchissantes.

Nicolas Roerich
Et nous continuons à pêcher (1922)

Venez, suivez-moi, et je vous enverrai pêcher des hommes ” (Matthieu 4 : 18-22). L’une des six œuvres de la série “ Sancta ” est basée sur la parabole évangélique de Jésus et des pêcheurs. Des vagues boueuses de la mer de la vie, les bons pêcheurs s’efforcent de sauver et de ramener les âmes noyées à la Lumière.

Philosophe mystique, voyageur, archéologue, écrivain, auteur du Pacte pour la protection de la culture (qui a servi de base à la Convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel), fondateur de la doctrine philosophique “ Éthique vivante  » (sur la transformation interne et la maîtrise de l’énergie cosmique) – l’échelle d’activité de Nicolas Roerich (1874-1947) s’apparentait aux titans de la Renaissance. En tant qu’artiste, Roerich mariait le réalisme et le symbolisme, en accordant une grande attention à la couleur. Il abandonna presque complètement l’huile pour la tempera, expérimenta la composition des peintures et utilisa des superpositions tonales. Le style résultant était unique, innovant et très original.

Et nous continuons à pêcher ” remonte à la tournée triomphale de l’artiste dans les Amériques, qui a duré trois ans et qui a abouti à des expositions dans 30 villes, ainsi que les séries de peintures “ La Nouvelle Mexique  », “ La Suite océanique  », “ Les rêves de sagesse ”, et “ Sancta  » avec ses six œuvres sur la vie des saints et des ascètes russes.

LE MAGNUM

Mai Dantsig
La Ballade partisane (1969)

Le thème militaire occupe une place particulière dans l’art du peintre biélorusse Maï Dantsig (1930-2017), comme dans la vie de chaque citoyen biélorusse – pays qui a perdu un tiers de sa population à la Seconde Guerre mondiale et où la résistance partisane contre les nazis tout au long de l’occupation était massive et infatigable.

La Ballade partisane ” est une interprétation de la scène romaine exemplaire d’une femme Pero qui allaite son père Cimon après son incarcération et sa condamnation à mort de faim. Comme Pero, la partisane de Dantsig sauve un guerrier blessé abandonné sur le champ de bataille et condamné à mourir. En URSS de 1969, sur fond de dogmes du réalisme socialiste, “ La Ballade partisane ” apparaît comme une pure provocation. Le tableau est sévèrement critiqué et rejeté. “ Les critiques n’ont même pas pris la peine de comprendre le sujet ”, se souviendra plus tard Dantsig.

En effet, c’est Pierre Paul Rubens qui a inspiré l’artiste à créer sa “ Ballade ”. En admirant la peinture “ Le Patronage de la femme romaine ” exposée au musée de l’Ermitage, Dantsig a vu des parallèles sémantiques avec les événements de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la Terre Mère biélorusse est devenue la nourrice des partisans soviétiques. Dans le tableau de Maï Dantsig, le sujet baroque devient un symbole de l’exploit et du sacrifice de la Biélorussie pendant les années de l’occupation fasciste en 1941-1944.

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